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LA MAITRISE D’USAGE
par la preuve

 

Introduction à la maîtrise d'usage

La participation des habitants, citoyens, usagers à l'aménagement de leur cadre de vie est un enjeu essentiel du développement durable et de la vie démocratique. " Nous, les habitants ", sollicités de toutes parts dans un monde en perpétuel mouvement, en perpétuelle demande, souhaitons également occuper notre juste place dans l'élaboration des projets qui nous concernent.

Maîtrise d'usage et Projet sont intimement liés :
il ne peut y avoir de participation des habitants sans projet.
De même, dans un futur proche, il ne saurait y avoir de projet sans maîtrise d'usage.
C'est le sens de l'action menée à travers ce site.

La participation se différencie de la concertation par sa méthodologie.
La concertation, réglementée, codifiée, organise ses réunions publiques au cours desquelles elle sollicite des habitants leur opinion spontanée sur un projet généralement formalisé, parfois finalisé.
La participation n'est pas spontanée ; les habitants s'appliquent, avec méthode et dans le temps, à élaborer des préconisations en amont du projet, puis un suivi du projet, la veille, qu'ils privilégieront, voire qu'ils opposeront, aux simples opinions.
La participation demande une mobilisation, une méthodologie et un financement.

Nous évoquions la juste place de la maîtrise d'usage :
la maîtrise d'usage ne crée pas d'enjeu de pouvoir, ou de contre pouvoir.
Il ne s'agit pas, pour les habitants, de se substituer aux autres acteurs du projet, qu'ils soient le maître d'ouvrage qui commande le projet, l'ouvrage, ou le maître d'œuvre, qui met en œuvre cette commande.
Sa méthodologie s'applique à élaborer des " paroles et regards " d'habitants, qui, réunis en un " cahier de préconisations ", complètent et enrichissent, par leur " expertise du quotidien ", le cahier des charges techniques et urbaines du projet.

Cette précision n'est pas inutile. Dans le cadre de projets publics d'aménagement , la double charge de maître d'ouvrage et d'Elu peut, entend-on parfois, générer un conflit de légitimité entre démocratie représentative et démocratie participative .
L'absence avérée d'enjeu de pouvoir, constatée au fil de nos projets et garantie par une méthodologie précise, nous a, à ce jour, permis d'éviter ce type de conflit.

De même, il conviendra de distinguer la démarche participative des habitants, outil d'aménagement simple et ouvert, et la démocratie participative, élément de programme politique qui entend établir un nouveau type de relation entre élus et citoyens.
La finalité en est très proche : situer l'habitant, le citoyen, l'usager à sa juste place dans le débat ou dans le projet. Mais les moyens diffèrent, la première fondée sur le temps de la ville, le projet collectif et la veille, la seconde sur le temps politique, une volonté " partisane " et des débats participatifs, un processus plus court.



Inscrire la participation dans la réalité des projets

Profession oblige, nos études participatives se situent dans le champ de l'aménagement urbain.
L'intérêt porté par les habitants à l'aménagement de leur cadre de vie, de leur quartier, est immédiat et pérenne. Leur adhésion à la démarche participative ne faiblit pas dans le temps, malgré les périodes de veille où, semble-t'il, rien ne se passe…
D'autres maîtrises d'usage existent par ailleurs : en informatique et les TIC, dans la gestion des Parcs Nationaux et Régionaux, dans certains secteurs d'entreprise, …
Le premier but est de s'ouvrir largement à toutes ces pratiques participatives et, si possible, de les agréger autour de ce site web comme autant de partenaires.

Le second objectif sera de valoriser l'expertise des usagers, des habitants.
" Nous sommes tous des habitants ". Tous, nous portons un regard sur notre territoire, tous, nous avons un rêve et tous, nous souhaitons que notre parole soit entendue, maillée, synthétisée : bâtisseuse.

Une fois reconnues sa faisabilité et sa crédibilité, le troisième objectif consistera à acter la maîtrise d'usage comme troisième dimension du projet, en inscrire les principes dans les pratiques, faire évoluer les textes, codes et règlements, passer de la concertation à la participation.
A quand les Zones d'Aménagement Participatif ?

Enfin, il conviendra d'aborder la question du financement de la maîtrise d'usage ; celui-ci ne peut se confondre avec les budgets participatifs, qui s'inscrivent dans une autre logique de responsabilisation des citoyens .
Le financement de la démarche participative concerne le travail d'animation des groupes de travail, l'accompagnement des veilles de projets, la diffusion des informations et documents, l'organisation d'événements autour des travaux accomplis en groupe de travail, …Il ne peut -ni ne doit- se satisfaire du bénévolat.
Les budgets des Conseils de Quartiers doivent être sollicités mais ils ne seront pas toujours suffisants. Certaines de nos études participatives ont été directement prises en charge par la maîtrise d'ouvrage, dans le budget de la concertation.
A terme, un budget propre à la maîtrise d'usage devra être réservé dans le coût global des projets, au titre par exemple de l'Assistance à Maîtrise d'Ouvrage (AMO).

 

La " participativ'attitude "

L'inscription de la maîtrise d'usage dans les pratiques, dans les textes, dans les faits, s'accompagnera inévitablement d'effets multiples, tels que nous les constatons ou en ressentons les prémices dans nos propres démarches participatives.

Les rêves des habitants pris en compte mais aussi les contraintes du programme mieux comprises participent à l'appropriation du projet par les usagers et conduisent à sa meilleure acceptation. Avec donc moins de rejet.

Les usages mieux définis au niveau de la définition du programme s'apprécient par un coût global mieux maîtrisé.

Une communauté d'intérêt se crée autour des projets participatifs.
Celle-ci présente un double bénéfice : rapprocher les habitants, d'une part, favoriser une culture du projet, d'autre part, contribuant ainsi à soutenir une société dynamique et à sortir d'un improductif conservatisme urbain (NIMBY).

La crédibilité des études participatives conduit à la reconnaissance des usagers et de la maîtrise d'usage par les acteurs traditionnels du projet. Emergence d'un nouveau type de relations entre les experts et les usagers, experts en quotidien.

Les Conseils de Quartier relèvent de la " démocratie de proximité ". Cette proximité désigne généralement l'espace (le quartier) ; il nous semble qu'elle désigne également le temps, le court terme.
La démarche participative projette les habitants dans le temps long de l'aménagement. Une manière pour les eux d'apprivoiser le temps de la ville.

Au fil des effets attendus ou constatés, se dessine une " participativ'attitude " qui tend à rapprocher les habitants, les maîtres d'usage, de la Cité, de la Politique, c'est à dire du " mieux vivre ensemble ".
C'est l'un des piliers de la bonne gouvernance et de la mise en œuvre du développement durable

 

La méthodologie dans ses grandes lignes

Les pages de ce site permettent d'explorer les divers aspects méthodologiques des démarches participatives que nous avons conduites. Nous en résumons ici les grandes lignes.

Nos études participatives ont été menées, sont en veille ou sont en cours, principalement sur des aménagements d'espaces publics dans le 13ème arrondissement de Paris : ZAC Paris Rive Gauche, Villa d'Este, place Souham ; d'autres seront prochainement engagées, toujours dans le 13ème.

Cette concentration d'actions a permis l'émergence d'un contexte confiant et favorable entre la maîtrise d'ouvrage publique, la Mairie, et la maîtrise d'usage, les habitants.
Cette condition est nécessaire pour la mise en œuvre d'études participatives :
un maître d'ouvrage ouvert à la démarche, un projet non engagé, c'est à dire où les préconisations des usagers pourront être entendues et productives.

Là où ils existent, les Conseils de Quartier sont le support privilégié de la participation : véritables viviers d'idées, d'initiatives, de dynamiques, nous y " puisons " les membres des groupes de travail sur le simple principe du volontariat et de la disponibilité.

Le volontariat est garant de l'intérêt porté par les membres du groupe au projet et de la dynamique qui en résulte. C'est précisément cette dynamique de projet qui saura cimenter la somme des intérêts divergents des membres du groupe et permettra d'élaborer des préconisations communes au-delà des approches individuelles.

Quant à la disponibilité, rappelons que la participation des habitants n'est pas spontanée, qu'elle demande un travail assidu : sur l'aménagement des 12 ha du secteur Tolbiac Chevaleret, 17 réunions de 4h chacune auront été nécessaires pour l'élaboration du (magnifique) cahier de préconisations, auxquelles il conviendra d'ajouter les temps consacrés à la restitution des travaux auprès des autres habitants.

Le Groupe de travail ne représente personne, il ne se substitue à personne, pas plus au maîtres d'œuvre ou d'ouvrage qu'aux autres habitants. Il a donc un devoir absolu de restitution, chaque membre du groupe devenant " dépositaire " du travail commun. La restitution prend diverses formes : la réunion plénière du Conseil de Quartier, les réunions publiques, le stand sur les marchés, le journal, les questionnaires, …

Vox populi… n'est pas vox dei : le groupe de travail n'a pas vocation à prendre les décisions, à énoncer les choix, à dessiner le projet, à imposer des opinions définitives.
Sa parole vaut autant que celle des autres acteurs, pas plus, pas moins.
Il se dédie à un patient travail d'élaboration de préconisations et ce sont ces préconisations, validées par les autres habitants dans le cadre de la restitution, qui porteront les paroles, les visions, les désirs des usagers dans le processus du projet.

 

Nos outils

Au fil des études participatives et dans une perspective de développement, certaines dispositions particulières se sont révélées nécessaires.

Le site http://www.maitrisedusage.eu/
Un point d'accueil pour présenter la démarche participative, la diffuser largement, créer des liens, susciter des partenariats, …
Le .eu manifeste notre volonté d'étendre la pratique participative autant que d'atteindre d'autres cultures de la participation.

L'association " la maîtrise d'usage "
Constituée symboliquement autour de 3 membres fondateurs :
· Un maître d'usage, habitant du 13ème, Maurice SEDES ;
· Un Maître d'ouvrage, élu du 13ème, Eric TAVER ;
· Un maître d'œuvre, initiateur des démarches, jean marie HENNIN ;
Elle a pour but de recueillir adhérents, cotisations, subventions pour promouvoir le développement de la maîtrise d'usage au travers de multiples événements ; en 2006, par exemple, présence au Salon des Maires et des Collectivités Locales ; début 2007, un forum sur la démocratie participative ; et d'autres actions à venir…
Il appartiendra également aux membres de l'association de rédiger et diffuser une " charte des bonnes pratiques de la maîtrise d'usage".

Le dépôt de la marque " la maîtrise d'usage " à l'INPI
En complément du site et de l'association, l'objectif de la marque déposée est de garantir la charte des bonnes pratiques. Le principe d'ouverture vers le plus grand nombre de partenaires, qui auront donc conjointement la responsabilité de la marque, devrait prévenir toute dérive dogmatique.

L'association " L'ATELIER 13 "
Pour les habitants, le facteur le plus déstructurant, voire démobilisateur, est le temps, le temps long du projet, de la Ville.
L'ATELIER 13, structure associative locale, ne revendique pas le statut d'atelier local d'urbanisme ; plus simplement constitué de fait par l'ensemble des membres des divers groupes de travail, il entend, par l'intermédiaire de quelques manifestations conviviales annuelles :
· Assurer la veille des projets participatifs ;
· Inviter la maîtrise d'ouvrage à faire le point sur l'avancement des projets ;
· Préserver la cohésion des groupes de travail.


Le site illustre ces divers propos et présente des travaux d'habitants.
Bonne visite !